VIRUS OU VIRAGE POUR LES TERRITOIRES PEU DENSES

Un printemps dangereux mais extraordinaire

Le retour à la campagne en cas de danger. Un réflexe qui s’est encore révélé en début de crise du Coronavirus. « Selon des chiffres de l’AP-HP, confirmés par un sondage Ifop, 17 % des habitants du Grand Paris (donc de Paris et de sa petite couronne), soit près d’un million de personnes, ont fui la métropole entre le 13 et le 20 mars »1

Les lieux de repli ont toujours existé tant pour les élites sociales que les paysans. L’accès à une résidence secondaire hérite de cette pratique ancienne du château de province pour les aristocrates du moyen-âge ou de la maison bourgeoise à la campagne au XIXème siècle ou encore du cabanon paysan au milieu des champs. Un lieu pour produire des légumes et se mettre au frais l’été, pour se retirer quand la ville sentait mauvais, pour vivre les amours tellement il y avait de monde à la maison, mais aussi un lieu de repli pendant les guerres civiles et les luttes religieuses2.

De nombreux urbains ont quitté la capitale et les grandes villes pour rejoindre ces lieux, afin de vivre le confinement dans des conditions plus favorables. « Avec cet exode de personnes qui vont télétravailler, des millions de gens vont pouvoir enfin produire là où ils rêvent de vivre. Ce sera pour eux un printemps dangereux et extraordinaire. Mais nous n’allons pas tous mourir. Et ces jeunes gens vont faire beaucoup de bébés… »nous dit Jean Viard3.

Ce déplacement massif de début de confinement est aussi celui de nombreuses personnes qui quittent leur domicile le lundi et rentrent le vendredi. Où est leur résidence principale ? Au-delà du logement, c’est la question d’habiter qui se pose car ce virus met en lumière des attachements, des préférences et des investissements symboliques dans l’espace.

REEQUILIBRER LA DENSITE : faciliter le travail à distance sur tout le territoire, l’accès à Internet et la rénovation dans la diagonale du vide (Source : Parcours paysages d’après cartes Insee et Ign)

La carte des flux domicile – lieu de travail montre que certains ont à choisir entre leur lieu de résidence principale et leur lieu de travail. Pourraient-ils libérer des logements sur la capitale ? La carte des résidences secondaires donne à imaginer une redistribution possible des lieux de résidence principale sur les territoires de moindre densité. Mais l’intention n’est pas d’artificialiser encore plus les zones littorales ou du sud de la France.

Ce rééquilibrage de la densité de population à l’échelle du pays passe alors par un regard attentif à l’attractivité de la diagonale du vide où la rénovation des logements vacants et d’avant 1946 sont prioritaires…

Saurons-nous prendre les mesures ? Les solutions inventées pendant le confinement seront-elles prolongées ?

  • Par les migrants du Covid eux-mêmes : cette expérience d’habiter la faible densité, rendue d’apparence encore moins dense par les événements, gonfle-t-elle leur envie de ville ou bien de campagne ?
  • Les entreprises, qui auront appris de ces pratiques de travail à distance, participeront-elles à la stabilisation de ces nouveaux habitants permanents ? Innoveront-elles grâce à ces ambassadeurs dans les territoires peu denses…
  • Les familles et la société dans leur ensemble se souviendront-elles de leurs élans de solidarité au-delà de leur restriction de liberté ? Travail en équipe réduite, formation accélérée de nouveaux bras provenant de retraités ou d’autres métiers, … génération spontanée de nouvelles économies plus localisées (valorisation des productions de première nécessité, distribution agricole en drive, fabrication artisanale de gel hydroalcoolique, de masques etc.)…

L’égalité des territoires va-t-elle prendre forme à travers une nouvelle redistribution des ménages et de leurs revenus à l’échelle de la France, une reconsidération des services et des transports en territoires peu denses, un encouragement à la relocalisation d’activités… mais aussi une vigilance accrue aux efforts de rénovation dans l’ancien et à la lutte contre l’artificialisation des sols… ? Comment la sortie du confinement sera-t-elle négociée ?

1 – L’OBS article du 29 mars 2020 – L’exil d’un million de Franciliens a-t-il disséminé le virus dans toute la France

2 – Ouest France article du 17 mars 2020 – Coronavirus. L’exode vers la campagne, un phénomène ancien

3 idem

Exploration de Parcours paysages

Parcours paysages

LES PAYSAGES ALPINS, LABORATOIRES D’ETUDE du changement climatique

L’équipe du CREA Mont-Blanc en étudiant l’évolution des paysages alpins éclaire les décideurs et les citoyens dans leur stratégie d’adaptation. Car les Alpes nous offrent un regard sur comment le changement climatique pourrait influencer notre futur.

Visualisez le film du CREA Mont-Blanc : en cliquant ici ou ici

Le changement climatique est deux fois plus rapide dans le massif du Mont-Blanc que la moyenne de l’hémisphère nord. A moyenne altitude, il a déjà perdu plus d’un mois d’enneigement en 40 ans et une perte équivalente est attendue d’ici 2050. La question que se pose le CREA est comment les espèces s’adaptent à une transformation aussi rapide de leur environnement. Entre surfaces rocheuses rocheuses et combes qui restent enneigées, les Alpes rassemblent une multitudes d’écosystèmes dans un espace relativement réduit.

Le changement climatique altère « où » et « quand » les espèces prospèrent. On note une avancée du printemps de 2 à 5 jours par décennie dans le massif. Les plantes et les arbres sont observés à des altitudes de plus en plus élevées ; une remontée de 30 m par décennie. Pour les animaux cette remontée est encore plus importante ; 100 m toutes les décennies. Certaines espèces peuvent s’adapter plus rapidement que d’autres, ce qui engendre une désynchronisation entre les espèces. Les jeunes chamois, par exemple, ne trouvent plus les ressources alimentaires nécessaires au moment où ils en ont le plus besoin.

Et nous, sommes nous capables de nous adapter à des changements aussi profonds ?

Allons voir plus loin sur le site du CREA Mont-Blanc

Crédit photo CREA Mont-Blanc

Parcours paysages

DU PARKING AU PARC DE L’USINE VIVANTE

Alors que les anciens bâtiments, construits en 1900, étaient voués à être détruits, l’Usine Vivante est née à Crest (26). Usine de textile en 1900, puis usine de pièces automobiles et aéronautiques pendant la guerre jusqu’en 2013, l’Usine Vivante est aujourd’hui:

  • une association dont les objectifs sont la rencontre entre les acteurs locaux, le partage de connaissances et la participation citoyenne.
  • un lieu qui propose des espaces de travail à destination des professionnels et des associations.

Issu de la rencontre entre plusieurs habitants de Crest et alentours, début 2015, cette association qui transforme une friche industrielle en un lieu professionnel, culturel et convivial, dépasse ses murs et se lance dans la conception participative des espaces extérieurs. Sous l’impulsion de Samuel, réconciliateur paysager, Jean-Guy, créateur de potagers agroécologiques, et de Lise, paysagiste conceptrice, la petite équipe vise 3 objectifs :

  • rendre les espaces extérieurs vivants et animés
  • expérimenter des techniques de réhabilitation de friches
  • donner une autre dimension aux relations concepteur·e / habitant·e / élu·e

Samedi 18 janvier 2020, le top départ du projet est donné, avec l’idée de livrer un plan masse au début de l’été. Le groupe de bénévoles propose aux résident·e·s, voisin·e·s, habitant·e·s d’apprécier ce qu’ils aiment et n’aiment pas et ce que pourrait être la cour de l’usine dans un futur proche.

Espace vert. Espace de repos ou de repas. Espace ouvert sur les résidences voisines et sur les Trois becs. Espace ouvert aux visiteurs et au partage. Espace ludique, d’expression murale et de rafraichissement par brumisation… Toutes les idées recueillies sont désormais à infuser en 4 séances de travail partagées avec ceux qui souhaitent s’y investir, pour dresser peu à peu un véritable projet, pas à pas une véritable métamorphose du parking en un parc.

Bravo !

Pour poursuivre cliquez … et contactez : Laure depuis le site de l’Usine vivante

Crédit photo Parcours paysages

Parcours paysages

Que 2020 soit… un parcours paysages

La forêt devient taïga là où finissent les arbres qui portent des feuilles. Ceux que rouille l’automne et que l’hiver dénude. Elle finit où plus aucun arbre ne peut pousser […] La taïga appartient à ceux qui l’aiment. Bernard Clavel – Le Carcajou

Les paysages, l’espace, la vie… appartiennent à ceux qui les aiment… Ils les parcourent et les choient … Je vous souhaite un formidable parcours en 2020 !

Laurence Monnet – Parcours paysages

NOUVELLE STRATÉGIE EAU DRÔME, saurons nous être… sage ?

Continuer à se parler…

C’est par une soirée, organisée à l’ancien monastère de Sainte Croix (26), que la journée de présentation de la stratégie du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux de la rivière Drôme (SAGE Drôme) a débuté. Les participants, citoyens de la vallée, contributeurs en phase de concertation, avaient été invités à expérimenter par le jeu la gestion d’un territoire traversé par une rivière, le 1er octobre 2019 au soir. Puis, après une présentation du SAGE en matinée, son, regard et rencontre d’acteurs ont été des support à la découverte de la Drôme le 2 octobre.

Les échanges de l’après-midi du 2 octobre ont permis à chacun d’enrichir sa connaissance, et, de saisir les enjeux d’une gestion « sage » de la rivière Drôme. Fréquentation estivale, surconsommation d’eau, changement climatique, ou aménagements et pratiques sur les berges peuvent en effet mettre à mal un travail de longue haleine pour sa reconquête.

Car, la gestion de son bassin versant confiée au Syndicat mixte de la rivière Drôme fait l’objet de toutes les attentions depuis 1992. Plusieurs contrats de rivière ont ralenti sa dégradation et ont permis de retrouver une très bonne qualité de l’eau. Chacun, acteur de cette bonne gestion, peut aller plus loin en consultant le site du SMRD http://www.riviere-drome.fr

Site_Parcours_paysages_191002_SMRD_conference_sonore
Conférence par immersion sonore de Fernand Deroussen, audio-naturaliste

Retrouver ces moments organisés par le Syndicat mixte de la rivière Drôme et de ses affluents (SMRD) et la Commission Locale de l’Eau (CLE) de la Drôme : en cliquant ici

Parcours paysages


LES CUEILLEUSES DE PAYSAGES, quand le paysage rencontre l’herboristerie

Ateliers découvertes & conception de jardins à cueillir

logo_Les_cueilleuses_de_paysages

Mercredi prochain chez Lise, un atelier « reconnaissance des végétaux » avec une classe de lycéens…

Les cueilleuses de paysages est un collectif qui diffuse les savoirs et pratiques autour des plantes médicinales et sauvages comestibles, qui infuse une conception écologique des jardins et conçoit des jardins et espaces à cueillir pour les particuliers et collectivités. Il est né en 2018, suite à la rencontre de Lucile Chapsal et Lise Saporita à l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, après leurs formations à l’École des Plantes de Lyon et à l’École Bretonne d’Herboristerie. Depuis, d’autres passionné-e-s des plantes sauvages comestibles et médicinales et concepteurs des jardins ont rejoint l’aventure ! Créations et illustrations botaniques, ateliers découvertes de l’herboristerie et de la cuisine sauvage, promenades et évènements exceptionnels dans les parcs et jardins sont proposés en région parisienne, dans la région de Grenoble (chez Lucile) et dans le Val de Loire (chez Lise).

Cliquez ici...

Parcours paysages