A Eurre, le paysage a le parfum des roses 

A la fraicheur des matins de mai, la roseraie du Laboratoire des Sources, située à Eurre dans la Drôme, prend un air de ruche. Comme des abeilles butineraient les nectars, les invités de Cora hument les parfums. Après quelques explications sur la roseraie, la cueillette matinale est lancée. Les roses à peine écloses sont distillées chaque jour de manière traditionnelle afin de préserver les propriétés de la fleur. Ce matin environ 10 kg de pétales vont produire 10 litres de distillat. Sur la saison, Cora et Raphaël pourront produire jusqu’à 400 litres d’eau florale.

En mai, Cora Lafont exploitante agricole, conceptrice et fabricante de produits cosmétiques bio, invite quelques clientes à partager une visite immersive. A l’issue de la récolte et après le lancement de la distillation, nous partageons un sirop de rose ou un café et échangeons.

260507_Credit_PPaysages_Roseraie_Eurre_10_min
260507_Credit_PPaysages_Roseraie_Eurre_4_min
260507_Credit_PPaysages_Roseraie_Eurre_11_min

Cora nous raconte avec émotion la reprise de la roseraie d’Anne Felker et l’installation de son laboratoire à Souspierre, près de Dieulefit (26). Une roseraie qu’elle apprend à connaitre pendant sa formation agricole, auprès d’une femme botaniste et passionnée.

La transmission a permis a Cora un véritable développement de son activité engagée à Vichy, avec la création en janvier 2000 du Laboratoire des Sources. Son installation et la production de ses propres roses à Eurre prend tout son sens. En effet, cette utilisation directe des ressources naturelles de la roseraie et d’autres plantes aromatiques de fournisseurs de la Drôme, permet la maîtrise d’un circuit court pour offrir un plaisir bio et engagé.

A Eurre, l’exploitation située au creux des reliefs, au pied du village, profite de l’humidité du vallon, sur quelques ha. La rose de Rescht, rosier ancien, aux fleurs parfumées, occupe la plus grande place. Avec la rose de Bruxelles, elle fournit en grande partie la production. Pour mieux accueillir les connaisseurs et visiteurs représentant les parfumeries de Grasse, un carré planté à la française fait honneur aux grands noms comme Madame De Sévigné ou Diane de Poitiers par exemple.

Trois boutiques, à Souspierre, Grigan et Vaison-la-Romaine, proposent des baumes celtiques du Laboratoire des sources et une gamme cosmétique à la rose mais aussi des sirops, confitures et pâtes de fruit.

Découvrir les produits : https://www.laboratoiredessources.com/fr/

260507_Credit_PPaysages_Roseraie_Eurre_9_min
260507_Credit_PPaysages_Roseraie_Eurre_1b_min

Crédit photographique Parcours paysages

Parcours paysages

 

Se laisser parler doucement aux sens, en 2026

« Il y avait tant de lumière qu’on voyait le monde dans sa vraie vérité, non plus décharné de jour mais engraissé d’ombre et d’une couleur bien plus fine. L’œil s’en réjouissait. L’apparence des choses n’avait plus de cruauté mais tout racontait une histoire, tout parlait doucement aux sens. »

Jean Giono, Que ma joie demeure

Trouvons la joie dans le paysage, en 2026. Laissons nous conter son histoire et aiguiser nos sens. Avec mes meilleurs vœux pour cette année.

Laurence Monnet – Parcours paysages

2026_Voeux_Parcours_paysages_LMonnet_min

Crédit photographique Parcours paysages

Parcours paysages

Transition : apprendre à regarder les paysages

Le 13 novembre 2025, à Eurre, à l’initiative du Conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement (CAUE) de la Drôme en partenariat avec la DDT de la Drôme et la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Réseau paysage Auvergne-Rhône-Alpes, une journée d’échange et de réflexion était organisée sur le thème « L’élu.e, les paysages, et la transition ».

L’équipe du CAUE invitait tous les acteurs à venir rencontrer et échanger autour de leurs démarches tentant de concilier transition écologique et énergétique, évolution qualitative des paysages et planification ou aménagement du territoire.

Dans ce cadre Anne-Cécile Jacquot, paysagiste-conceptrice de l’agence Omnibus lauréate du Grand prix du paysage 2024, Arthur Rémy, et Isabel Claus, paysagistes-concepteurs ont partagé leurs expériences de la conduite de projets de paysage. Élus et techniciens de la Communauté de communes du Pays Voironnais (Isère), du Parc naturel régional des Baronnies provençales, et de Valence Romans Agglomération (Drôme) ont témoigné de leur engagement.

220620_Credit_PPaysages_Eurre_min
210425_Credit_PPaysages_Grane_26_min
220528_Credit_PPaysages_Ambonil_min

Deux ateliers ont permis aux participants d’expérimenter la lecture paysagère et de partager leurs points de vue sur les évolutions prévisibles ou souhaitables du territoire au regard de la transition.

Le premier, animé par Parcours paysages, sur le site de Bourbousson sur la commune de Crest et le second, animé par le Département de la Drôme et le CAUE, en salle, au moyen de l’Observatoire photographique du paysage de la forêt de Saoû, ont engagé les participants dans un questionnement sur l’évolution des paysages de la basse vallée de la Drôme et les facteurs à l’origine de cette évolution et à se projeter à l’aune de la transition écologique et énergétique.

Retrouvez toutes les productions de la journée sur le site du CAUE de la Drôme, en particulier, les compte-rendu des ateliers « Focus sur les paysages de la base vallée de la Drôme » :

Depuis Bourbousson, lire le paysage. Retrouver le déroulé de l’atelier ici

Geoportail_Carte_Cassini_Eurre

Crédit photographique Parcours paysages

Parcours paysages

Le Cœur de Drôme révèle son paysage

Au cœur de la vallée de la Drôme, neuf sites ont été aménagés attirant notre regard sur un trait spécifique du paysage, comme 9 spécialistes auraient pu appréhender ces lieux :

  • Aurel, la vision du géographe
  • Véronne, celle du forestier
  • Saint-Benoît-en-Diois, le paysagiste
  • Saint-Sauveur-en-Diois, le peintre
  • Rimon-et-Savel, le géologue
  • Espenel, l’historien
  • Vercheny, l’œnologue
  • Chastel-Arnaud, le guetteur
  • La Chaudière, le paléontologue

Le paysage s’offre à nous mais chacun avec son regard, sa sensibilité et son champ de connaissance en retire un sentiment et une compréhension bien personnels. C’est sur cette corde que la communauté de communes du Crestois et du Pays de Saillans a joué pour nous inviter à découvrir ce territoire montagneux du Cœur de la Drôme.

Ainsi au gré de ses randonnées, l’histoire du paysage du Cœur de Drôme se révèle au visiteur des 9 communes. Panneaux, lunettes ou repères guides orientent l’observation et la connaissance des lieux, l’invitant à préciser son propre regard.

22_Credit_PPaysages_Pin_Veronne_VF_min
221029_Credit_PPaysages_10_visions_(47)

Pour en savoir plus sur le projet 10 visions du paysage en Cœur de Drôme : https://www.valleedeladrome-tourisme.com/10-visions-du-paysage-coeur-de-drome/

Crédit photographique Parcours paysages

Parcours paysages

Vivre le paysage, en 2025

Le paysage est une activation de nous-même dans le contact que nous avons avec les choses, les êtres et l’espace.

La nécessité de paysage, Jean-Marc Besse, 2018

En 2025, regardons, admirons, photographions, dessinons, inventons, construisons, cultivons, ménageons, préservons, décrivons, écrivons, racontons, contons, chantons, crions, marchons, enjambons, courons, touchons, caressons, goûtons, sentons, respirons, … vivons le paysage. Meilleurs vœux.

Laurence Monnet – Parcours paysages

2025_Voeux_Parcours_paysages_LMonnet_min

Crédit photo Parcours paysages

Parcours paysages

Un musée paysage à Valence

Vue sur la cathédrale, la ville et le Rhône. Au loin, les montagnes d’Ardèche et du Vercors. Nous sommes sur le belvédère du musée de Valence. Comme un signal au milieu de la ville, le musée offre aux visiteurs une vue à 360° et, à travers ses collections, sur 400 000 ans d’histoire du département.

Deux circuits permettent de découvrir les collections de beaux-arts et d’archéologie. L’os coché est une pièce majeure : il pourrait être un calendrier reproduisant les phases de lune ou bien le rythme des levers et couchers de soleil. Avec le paysage comme fil rouge, sculptures et arts décoratifs nous font traverser le temps ; depuis son « invention » comme genre autonome au 16ème siècle jusqu’à sa relecture par les artistes contemporains et modernes.

Même si la peinture de paysage lui pré-existe, l’idée de faire entrer le paysage au musée – ou encore de faire du paysage un objet de musée – apparaît vers la fin du 18ème siècle. On porte alors une attention particulière à la conservation ou la reproduction de scènes de campagne. 1 D’un « salon d’objets d’art et de produits naturels » au musée que l’on connaît aujourd’hui, l’histoire du musée de Valence et de ses donations ont naturellement conduit ses administrateurs à proposer le projet de « musée paysage », lors de sa rénovation. Le bâtiment du musée lui-même, conçu pour valoriser sa dimension patrimoniale et présenter les collections dans une interaction entre le lieu et son environnement, a été rénové par l’architecte Jean- Paul Philippon, en 2013 – les collections d’art et d’archéologie étant déployées dans l’ancien palais épiscopale. Cette année, le musée fête ses 10 ans de réouverture en exposant les premières donations qui ont constitué son fonds dès 1834.

En 2023, deux expositions temporaires ont été l’occasion pour Parcours paysages de concevoir deux ateliers de lecture et d’expression paysagères

Théophile-Jean Delaye – un arpenteur du 20ème siècle

Valentinois, né en 1896, Théophile-Jean Delaye a effectué sa carrière de topographe au Maroc. Tout à la fois militaire, scientifique, alpiniste, artiste et illustrateur, il a cartographié pour la première fois le massif du Toubkal et produit de multiples aquarelles et croquis perspectifs. Contemporain des premiers systèmes de Parcs qui ont structuré la ville de Rabat, il a aussi participé à l’histoire de la valorisation des paysages et de la naissance du tourisme au Maroc. Il fait partie des intellectuels qui au tournant du siècle, prennent des initiatives et cherchent à convaincre les responsables politiques de la nécessité de protéger les sites et paysages de la nation. Il a été initiateur du premier Parc National du Maroc, le Parc National de Toubkal ( Chaîne du Haut Atlas ), établi en 1942 , afin de préserver les plus hauts sommets de l’Atlas, dont le Jbel Toubkal.

Découvrir les paysages traversés par Théophile-Jean Delaye et revenir sur l’histoire du paysagisme. Percevoir à travers les œuvres ce qui fait « paysage », questionner le potentiel de transformation des paysages et ce qui le rend éminemment politique ; un véritable défi pour ce premier atelier animé par Parcours paysages au musée !

L’Univers sans l’homme – les arts en quête d’autres mondes

Une réflexion artistique sur la place de l’homme dans la nature. Du sentiment de fragilité humaine qui se dessine en Europe à la fin du 18ème siècle aux promesses d’un nouveau monde matérialisé par des artistes tels qu’Anna-Eva Bergman ou Gilles Aillaud, ce parcours met en avant la relation que l’homme entretient avec son environnement. Auparavant envisagés comme de simples éléments décoratifs ou symboliques, les éléments naturels gagnent une identité et constituent l’enjeu fondamental des représentations individuelles et collectives. Le confinement de 2020 vient en échos au grand fantasme du 20ème siècle, notamment véhiculé par Yes Klein en 1960 :  » le théâtre du vide ».

Cette exposition a été un support pour aider les participants à comprendre ce que recouvre la notion de paysage, la manière de l’appréhender par l’observation, les sens, la photo, le trait, l’écrit. Dessiner son propre paysage.

1 – un objet de musée, le paysage de Jean-Pierrre Gestin, 1996 Persée.

Crédit photographique Parcours paysages

logo_musee_valence
Parcours paysages

Chrystel, le pinceau de votre paysage intérieur

Peindre un paysage est un appel, un cri… Celui d’une émotion que l’instant, les couleurs, les lumières déclenchent. Alors on s’arrête, on observe, on se laisse traverser, guider par le mouvement intérieur que provoque ce paysage. Avec l’envie de faire durer, la joie de partager comme moteurs, on se pose et s’apaise sous le geste du pinceau. Le mélange des couleurs devient une obsession pour réussir l’union de nos paysages intérieurs et extérieurs.

Amoureuse tant du paysage que de l’humain, Chrystel nous offre son pineau pour exprimer l’émotion d’une rencontre, le souvenir d’un itinéraire de vie, les valeurs d’un groupe. Pour cela elle fait appel à son expérience d’animation et de gestion des controverses qu’elle a vécue aux côtés des élus et acteurs de la rivière Drôme. Mais elle s’appuie surtout sur ses passions du dessin et du Qi gong. Aujourd’hui elle arrête la course et se consacre à son art ; celui d’ « être elle-même tout simplement ».

C’est ce qu’elle donne à voir et qu’elle m’a expliqué le 19 novembre à Allex, salle des Galets. Elle y présentait ses toiles et sa démarche pour partager encore et proposer la réalisation de manière collaborative de peintures uniques pour nous et avec nous.

En effet, à l’aide d’outils participatifs, qui font appel à l’intelligence collective, elle a développé une méthode pour révéler les valeurs qui rassemblent les personnes, qui en entreprise ou en tant que particuliers, souhaitent acquérir des peintures personnalisées, sur mesure et surtout évocatrices. Sa création sera là pour leur rappeler cette belle dynamique de groupe et donner un caractère unique à un espace commun.

En savoir plus : https://www.creachrys.com/

Crédit graphique et photographique CreaChrys

Parcours paysages

Sur la trace des Ecouges avec la compagnie Les Entêtés : entre réalité et fiction

Le petit peuple de la forêt nous a surpris, ce samedi 5 août 2023 en fin d’après-midi, dans le vallon des Ecouges, sur la commune de Saint-Gervais en limite nord-ouest du massif du Vercors.

Partis du pont Chabert avec Laurine et Emilie, animatrices « nature » du Département de l’Isère, c’est finalement avec  la compagnie Les Entêtés que nous avons poursuivi la balade « Sur la trace des Ecouges ».

Des ruines du moulin à celles de l’église du monastère Chartreux, les moines ayant été propriétaires du site par donation entre 1116 et 1422, nous avons suivi le sentier escarpé et rencontré en chemin des animaux étranges, Marie, marquise de Virieu, et quelques charbonniers italiens.

En effet, à partir du règne de Louis XIV, des mesures draconiennes sont prises en vue d’aménager la forêt pour orienter la production de bois d’œuvre et surtout la fourniture de charbon de bois destiné à alimenter les fonderies royales de Saint-Gervais.  La « fabrique Royale de canons » est créée par arrêt du Conseil du Roy du 23 juillet 1679. Marie du Faure est la première propriétaire de la fabrique. Elle possède les terres sur lesquelles est construite l’usine et elle bénéficie de l’albergement de 2 forêts très importantes situées à proximité.1

Des travailleurs saisonniers riverains fréquentent alors la forêt de Pâques à la Toussaint, laissant à l’hiver, la trace des terres brulées des charbonnières. Puis la crise économique qui secoue l’Europe à partir des années 1870 fait chuter les prix du bois. Et ce sont désormais des familles entières qui quittent leurs montagnes de Lombardie aux beaux jours pour aller travailler au charbonnage en forêt des Ecouges.

Une bien belle façon de raconter le paysage !

Dans ce vallon humide, exposé aux vents d ouest, contes et chants italiens se sont élevés le long des grands arbres. Mi-cerf mi-cochon, l’animal capta notre attention entre les grands futs des hêtres, érables et sapins de l’étage montagnard.  Fougères, prêles et cratoneurions ont retenus et mêlés sons des eaux vives et des percussions corporelles, de l’accordéon et de la harpe.  La compagnie Les Entêtés, dont François à la fois parfait guide du patrimoine et artiste, entourée du petit peuple de la forêt a su mobiliser l’imaginaire du public, pour dépeindre 1000 ans d’occupation du site par l’homme.

En savoir plus

Petite histoire géologique du site :
Issu de la surrection des Alpes, ce vaste pli faillé, aujourd’hui chevauchement de calcaire urgonien, forme la structure du vallon des Ecouges. Immergé une dernière fois, il y a 20 millions d’années, les dépôts de sables et graviers d’alors se sont cimentés et forment la molasse. Cette situation géologique, associée à la situation très arrosée du vallon, est favorable à la formation d’un vaste réservoir d’eau, expliquant la présence abondante d’eau en forêt.2 Le canyon des Ecouges où chute la Drevenne est aussi très caractéristique du site et explique avec la proximité et la qualité du bois de la forêt, la présence de l’activité industrielle des fonderies au pied du Vercors.

1 – Une grande entreprise au XVIIe siècle – Alain Blaise – https://www.chasse-maree.com/actualites/la-fabrique-royale-de-canons-de-saint-gervais-supplement-du-web-n288/

2 – La genèse du massif des Ecouges https://m.vercors-tv.com/La-genese-du-massif-des-Ecouges_v633.html

Crédit photos Parcours paysages, sauf carte géologique (CD 38 – Vercors TV)

Parcours paysages

En 2023, s’émerveiller encore et encore …

On croit que l’homme peut s’en aller droit devant soi. On croit que l’homme est libre… On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre.

Terre des hommes. Antoine de Saint-Exupéry, 1972.

Émerveillons nous, encore et encore, de la vie qui sait profiter de la moindre humidité pour s’introduire et s’épanouir. Avec mes meilleurs vœux pour 2023.

Laurence Monnet – Parcours paysages

Crédit photo Parcours paysages

Parcours paysages