Transition : apprendre à regarder les paysages

Le 13 novembre 2025, à Eurre, à l’initiative du Conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement (CAUE) de la Drôme en partenariat avec la DDT de la Drôme et la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Réseau paysage Auvergne-Rhône-Alpes, une journée d’échange et de réflexion était organisée sur le thème « L’élu.e, les paysages, et la transition ».

L’équipe du CAUE invitait tous les acteurs à venir rencontrer et échanger autour de leurs démarches tentant de concilier transition écologique et énergétique, évolution qualitative des paysages et planification ou aménagement du territoire.

Dans ce cadre Anne-Cécile Jacquot, paysagiste-conceptrice de l’agence Omnibus lauréate du Grand prix du paysage 2024, Arthur Rémy, et Isabel Claus, paysagistes-concepteurs ont partagé leurs expériences de la conduite de projets de paysage. Élus et techniciens de la Communauté de communes du Pays Voironnais (Isère), du Parc naturel régional des Baronnies provençales, et de Valence Romans Agglomération (Drôme) ont témoigné de leur engagement.

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Deux ateliers ont permis aux participants d’expérimenter la lecture paysagère et de partager leurs points de vue sur les évolutions prévisibles ou souhaitables du territoire au regard de la transition.

Le premier, animé par Parcours paysages, sur le site de Bourbousson sur la commune de Crest et le second, animé par le Département de la Drôme et le CAUE, en salle, au moyen de l’Observatoire photographique du paysage de la forêt de Saoû, ont engagé les participants dans un questionnement sur l’évolution des paysages de la basse vallée de la Drôme et les facteurs à l’origine de cette évolution et à se projeter à l’aune de la transition écologique et énergétique.

Retrouvez toutes les productions de la journée sur le site du CAUE de la Drôme, en particulier, les compte-rendu des ateliers « Focus sur les paysages de la base vallée de la Drôme » :

Depuis Bourbousson, lire le paysage. Retrouver le déroulé de l’atelier ici

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Crédit photographique Parcours paysages

Parcours paysages

Le Cœur de Drôme révèle son paysage

Au cœur de la vallée de la Drôme, neuf sites ont été aménagés attirant notre regard sur un trait spécifique du paysage, comme 9 spécialistes auraient pu appréhender ces lieux :

  • Aurel, la vision du géographe
  • Véronne, celle du forestier
  • Saint-Benoît-en-Diois, le paysagiste
  • Saint-Sauveur-en-Diois, le peintre
  • Rimon-et-Savel, le géologue
  • Espenel, l’historien
  • Vercheny, l’œnologue
  • Chastel-Arnaud, le guetteur
  • La Chaudière, le paléontologue

Le paysage s’offre à nous mais chacun avec son regard, sa sensibilité et son champ de connaissance en retire un sentiment et une compréhension bien personnels. C’est sur cette corde que la communauté de communes du Crestois et du Pays de Saillans a joué pour nous inviter à découvrir ce territoire montagneux du Cœur de la Drôme.

Ainsi au gré de ses randonnées, l’histoire du paysage du Cœur de Drôme se révèle au visiteur des 9 communes. Panneaux, lunettes ou repères guides orientent l’observation et la connaissance des lieux, l’invitant à préciser son propre regard.

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Pour en savoir plus sur le projet 10 visions du paysage en Cœur de Drôme : https://www.valleedeladrome-tourisme.com/10-visions-du-paysage-coeur-de-drome/

Crédit photographique Parcours paysages

Parcours paysages

Un musée paysage à Valence

Vue sur la cathédrale, la ville et le Rhône. Au loin, les montagnes d’Ardèche et du Vercors. Nous sommes sur le belvédère du musée de Valence. Comme un signal au milieu de la ville, le musée offre aux visiteurs une vue à 360° et, à travers ses collections, sur 400 000 ans d’histoire du département.

Deux circuits permettent de découvrir les collections de beaux-arts et d’archéologie. L’os coché est une pièce majeure : il pourrait être un calendrier reproduisant les phases de lune ou bien le rythme des levers et couchers de soleil. Avec le paysage comme fil rouge, sculptures et arts décoratifs nous font traverser le temps ; depuis son « invention » comme genre autonome au 16ème siècle jusqu’à sa relecture par les artistes contemporains et modernes.

Même si la peinture de paysage lui pré-existe, l’idée de faire entrer le paysage au musée – ou encore de faire du paysage un objet de musée – apparaît vers la fin du 18ème siècle. On porte alors une attention particulière à la conservation ou la reproduction de scènes de campagne. 1 D’un « salon d’objets d’art et de produits naturels » au musée que l’on connaît aujourd’hui, l’histoire du musée de Valence et de ses donations ont naturellement conduit ses administrateurs à proposer le projet de « musée paysage », lors de sa rénovation. Le bâtiment du musée lui-même, conçu pour valoriser sa dimension patrimoniale et présenter les collections dans une interaction entre le lieu et son environnement, a été rénové par l’architecte Jean- Paul Philippon, en 2013 – les collections d’art et d’archéologie étant déployées dans l’ancien palais épiscopale. Cette année, le musée fête ses 10 ans de réouverture en exposant les premières donations qui ont constitué son fonds dès 1834.

En 2023, deux expositions temporaires ont été l’occasion pour Parcours paysages de concevoir deux ateliers de lecture et d’expression paysagères

Théophile-Jean Delaye – un arpenteur du 20ème siècle

Valentinois, né en 1896, Théophile-Jean Delaye a effectué sa carrière de topographe au Maroc. Tout à la fois militaire, scientifique, alpiniste, artiste et illustrateur, il a cartographié pour la première fois le massif du Toubkal et produit de multiples aquarelles et croquis perspectifs. Contemporain des premiers systèmes de Parcs qui ont structuré la ville de Rabat, il a aussi participé à l’histoire de la valorisation des paysages et de la naissance du tourisme au Maroc. Il fait partie des intellectuels qui au tournant du siècle, prennent des initiatives et cherchent à convaincre les responsables politiques de la nécessité de protéger les sites et paysages de la nation. Il a été initiateur du premier Parc National du Maroc, le Parc National de Toubkal ( Chaîne du Haut Atlas ), établi en 1942 , afin de préserver les plus hauts sommets de l’Atlas, dont le Jbel Toubkal.

Découvrir les paysages traversés par Théophile-Jean Delaye et revenir sur l’histoire du paysagisme. Percevoir à travers les œuvres ce qui fait « paysage », questionner le potentiel de transformation des paysages et ce qui le rend éminemment politique ; un véritable défi pour ce premier atelier animé par Parcours paysages au musée !

L’Univers sans l’homme – les arts en quête d’autres mondes

Une réflexion artistique sur la place de l’homme dans la nature. Du sentiment de fragilité humaine qui se dessine en Europe à la fin du 18ème siècle aux promesses d’un nouveau monde matérialisé par des artistes tels qu’Anna-Eva Bergman ou Gilles Aillaud, ce parcours met en avant la relation que l’homme entretient avec son environnement. Auparavant envisagés comme de simples éléments décoratifs ou symboliques, les éléments naturels gagnent une identité et constituent l’enjeu fondamental des représentations individuelles et collectives. Le confinement de 2020 vient en échos au grand fantasme du 20ème siècle, notamment véhiculé par Yes Klein en 1960 :  » le théâtre du vide ».

Cette exposition a été un support pour aider les participants à comprendre ce que recouvre la notion de paysage, la manière de l’appréhender par l’observation, les sens, la photo, le trait, l’écrit. Dessiner son propre paysage.

1 – un objet de musée, le paysage de Jean-Pierrre Gestin, 1996 Persée.

Crédit photographique Parcours paysages

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Parcours paysages

Chrystel, le pinceau de votre paysage intérieur

Peindre un paysage est un appel, un cri… Celui d’une émotion que l’instant, les couleurs, les lumières déclenchent. Alors on s’arrête, on observe, on se laisse traverser, guider par le mouvement intérieur que provoque ce paysage. Avec l’envie de faire durer, la joie de partager comme moteurs, on se pose et s’apaise sous le geste du pinceau. Le mélange des couleurs devient une obsession pour réussir l’union de nos paysages intérieurs et extérieurs.

Amoureuse tant du paysage que de l’humain, Chrystel nous offre son pineau pour exprimer l’émotion d’une rencontre, le souvenir d’un itinéraire de vie, les valeurs d’un groupe. Pour cela elle fait appel à son expérience d’animation et de gestion des controverses qu’elle a vécue aux côtés des élus et acteurs de la rivière Drôme. Mais elle s’appuie surtout sur ses passions du dessin et du Qi gong. Aujourd’hui elle arrête la course et se consacre à son art ; celui d’ « être elle-même tout simplement ».

C’est ce qu’elle donne à voir et qu’elle m’a expliqué le 19 novembre à Allex, salle des Galets. Elle y présentait ses toiles et sa démarche pour partager encore et proposer la réalisation de manière collaborative de peintures uniques pour nous et avec nous.

En effet, à l’aide d’outils participatifs, qui font appel à l’intelligence collective, elle a développé une méthode pour révéler les valeurs qui rassemblent les personnes, qui en entreprise ou en tant que particuliers, souhaitent acquérir des peintures personnalisées, sur mesure et surtout évocatrices. Sa création sera là pour leur rappeler cette belle dynamique de groupe et donner un caractère unique à un espace commun.

En savoir plus : https://www.creachrys.com/

Crédit graphique et photographique CreaChrys

Parcours paysages

Sur la trace des Ecouges avec la compagnie Les Entêtés : entre réalité et fiction

Le petit peuple de la forêt nous a surpris, ce samedi 5 août 2023 en fin d’après-midi, dans le vallon des Ecouges, sur la commune de Saint-Gervais en limite nord-ouest du massif du Vercors.

Partis du pont Chabert avec Laurine et Emilie, animatrices « nature » du Département de l’Isère, c’est finalement avec  la compagnie Les Entêtés que nous avons poursuivi la balade « Sur la trace des Ecouges ».

Des ruines du moulin à celles de l’église du monastère Chartreux, les moines ayant été propriétaires du site par donation entre 1116 et 1422, nous avons suivi le sentier escarpé et rencontré en chemin des animaux étranges, Marie, marquise de Virieu, et quelques charbonniers italiens.

En effet, à partir du règne de Louis XIV, des mesures draconiennes sont prises en vue d’aménager la forêt pour orienter la production de bois d’œuvre et surtout la fourniture de charbon de bois destiné à alimenter les fonderies royales de Saint-Gervais.  La « fabrique Royale de canons » est créée par arrêt du Conseil du Roy du 23 juillet 1679. Marie du Faure est la première propriétaire de la fabrique. Elle possède les terres sur lesquelles est construite l’usine et elle bénéficie de l’albergement de 2 forêts très importantes situées à proximité.1

Des travailleurs saisonniers riverains fréquentent alors la forêt de Pâques à la Toussaint, laissant à l’hiver, la trace des terres brulées des charbonnières. Puis la crise économique qui secoue l’Europe à partir des années 1870 fait chuter les prix du bois. Et ce sont désormais des familles entières qui quittent leurs montagnes de Lombardie aux beaux jours pour aller travailler au charbonnage en forêt des Ecouges.

Une bien belle façon de raconter le paysage !

Dans ce vallon humide, exposé aux vents d ouest, contes et chants italiens se sont élevés le long des grands arbres. Mi-cerf mi-cochon, l’animal capta notre attention entre les grands futs des hêtres, érables et sapins de l’étage montagnard.  Fougères, prêles et cratoneurions ont retenus et mêlés sons des eaux vives et des percussions corporelles, de l’accordéon et de la harpe.  La compagnie Les Entêtés, dont François à la fois parfait guide du patrimoine et artiste, entourée du petit peuple de la forêt a su mobiliser l’imaginaire du public, pour dépeindre 1000 ans d’occupation du site par l’homme.

En savoir plus

Petite histoire géologique du site :
Issu de la surrection des Alpes, ce vaste pli faillé, aujourd’hui chevauchement de calcaire urgonien, forme la structure du vallon des Ecouges. Immergé une dernière fois, il y a 20 millions d’années, les dépôts de sables et graviers d’alors se sont cimentés et forment la molasse. Cette situation géologique, associée à la situation très arrosée du vallon, est favorable à la formation d’un vaste réservoir d’eau, expliquant la présence abondante d’eau en forêt.2 Le canyon des Ecouges où chute la Drevenne est aussi très caractéristique du site et explique avec la proximité et la qualité du bois de la forêt, la présence de l’activité industrielle des fonderies au pied du Vercors.

1 – Une grande entreprise au XVIIe siècle – Alain Blaise – https://www.chasse-maree.com/actualites/la-fabrique-royale-de-canons-de-saint-gervais-supplement-du-web-n288/

2 – La genèse du massif des Ecouges https://m.vercors-tv.com/La-genese-du-massif-des-Ecouges_v633.html

Crédit photos Parcours paysages, sauf carte géologique (CD 38 – Vercors TV)

Parcours paysages

PROLONGER LEURS BONHEURS D’ÉTÉ : faites entrer la nature dans la cour de l’école

Cette année encore l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse finance les projets de désimperméabilisation des cours d’écoles.

Et si dès la rentrée, collectivités, parents, enseignants et enfants repensaient les cours des lieux éducatifs. Quel beau projet pédagogique pour l’année ! La terre, les plantes, les insectes, les oiseaux, les écureuils … tout un monde à découvrir aux portes de la classe.

La présence d’éléments naturels et le contact avec la terre favorise le bien-être

A l’école, dans une cour renaturée les enfants « déconnectent », stimulent leur imaginaire, nourrissent leur relation à la nature et à eux-mêmes, font de l’exercice physique nécessaire à leur santé.

L’imperméabilisation des sols est le recouvrement permanent d’une parcelle de terre et de son sol par un matériau artificiel imperméable tel que l’asphalte ou le béton. Elle a une incidence importante sur les sols en ce sens qu’elle réduit grandement leur utilité1.

L’appel à projets de l’Agence de l’eau2 vise tout projet de désimperméabilisation et de végétalisation pour gérer les eaux de pluie des cours d’école, collège, lycée et université, intégrant un volet pédagogique sur le cycle de l’eau. L’appel à projets s’adresse aux :

  • collectivités territoriales (communes et leurs groupements, conseils départementaux et régionaux) ;
  • établissements d’enseignement publics et privés (école, collège, lycée) ;
  • universités ;
  • associations.

Préparez vos projets avec les enfants et déposez vos dossiers avant le 31 décembre 2021

Souhaite-t-on verdir, végétaliser, apporter de la biodiversité ou renaturer ?

Selon la réponse, l’équipement des bâtiments, des espaces verts et espaces publics seront repensés pour la récupération des eaux pluviales, pour favoriser leur infiltration, leur évaporation, ou pour organiser leur stockage ou un écoulement progressif.

Souhaite-t-on que ce lieu de vie permette des découvertes, des expérimentations, l’autonomie, construire des relations avec la nature, avec les autres, d’être en convivialité, de s’exprimer, de créer, fabriquer… ?

On concevra alors :

  • Des aménagements pour faire des scènes, des cabanes, des tableaux d’écriture, des cuisines de gadoue, … pour agrandir la cour en lien avec l’espace public
  • Des espaces et des ambiances variés, s’inspirant de la nature, enrichis en éléments naturels (pierres, rochers, troncs d’arbres…humus et plantes)
  • Des jeux d’eaux circulantes, d’arrosage, en circuit, en stockage, des mares sèches… en relation avec la végétation,
  • Des espaces de « décrottage » pour entrer en classe…

Et on plantera et plantera encore…

Souhaite-t-on impliquer tous les acteurs (les enfants, les parents, les équipes éducatives, animateurs, ATSEM, collectivités, personnels d’entretien… ) dans le projet ?

On prévoira alors :

  • Des ateliers pour réfléchir sur les besoins, les envies et les contraintes et guider le projet, le faire perdurer dans le temps
  • Des formations sur les outils et les postures de pratiques éducatives moins directionnelles, mais plus d’inspirateurs.trices, de personnes ressources…
  • Des règles simples pour protéger les jeunes plants, prendre soin de la nature, des autres et de soi, jouer avec les circulations, valoriser l’existant et les matériaux récupérés de la première cour …

Tous ces conseils, Joelle Quintin, de l’Association Ceux-ci Cela, les transmets dans la vidéo du GRAINE ARA3.

La transformation de nos paysages urbains constitue un des principaux défis à relever

L’imperméabilisation, par sa nature, modifie fortement l’écoulement des eaux et a de nombreuses conséquences sur le cycle de l’eau, mais aussi sur la qualité de vie :

  • augmentation du ruissellement (les débits de pointe en particulier), et donc du risque d’inondations et de la vitesse de montée en charge des cours d’eau,
  • réduction du réapprovisionnement de la nappe phréatique,
  • concentration dans les cours d’eau des polluants urbains charriés par les eaux de ruissellement (hydrocarbures, métaux toxiques, etc.).

C’est pourquoi, plus l’emprise au sol de la voirie et des bâtiments est réduite au profit des espaces verts et jardins, et plus le sol d’un quartier sera perméable.

Les sols lorsqu’ils sont recouverts de végétation permettent de réguler le microclimat dans les environnements urbains denses, et assurent également des fonctions paysagères esthétiques et sanitaires.

L’arbre en absorbant les rayonnements solaires rafraichit l’air ambiant en été et favorise l’infiltration et la rétention de l’eau dans les sols. Il peut avoir un pouvoir dépolluant de l’air aussi (attention à ne pas choisir des essences allergènes).


En savoir plus sur l’appel à projets et le financement :

Profiter de retours d’expériences :

Déjà sur le net :

Vendredi 30 septembre de 11h à 12h30 :

1 – Commission européenne : Lignes directrices concernant les meilleures pratiques pour limiter, atténuer ou compenser l’imperméabilisation des sols

2 – Appel à projet de l’AERMC

3 – Conférence « Végétaliser et débitumiser les cours des lieux éducatifs » du GRAINE ARA

Crédit photo Parcours paysages

Parcours paysages

UN PLAN POUR LE PAYSAGE, l’État lance l’appel à projets 2021

15 territoires lauréats bénéficieront d’un soutien technique et financier du Ministère de la transition écologique. Les candidatures sont à déposer jusqu’au 28 juin 2021

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Au-delà du plan, une démarche

La convention européenne du paysage (Florence, 2000) définit le «Paysage» comme une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations.

A travers une démarche de plan de paysage, cette perception est mise au jour et les acteurs locaux renforcent leur conscience de l’influence de leurs interventions ou non interventions sur les transformations de l’espace. Patrimoine naturel et culturel local à protéger, portions de territoire à aménager ou à gérer pour produire le paysage désiré, c’est ce dont décideront les acteurs à travers un dispositif participatif.

Par exemple

Dans la vallée de la Bruche (dans le massif des Vosges), sorties de terrain, organisation d’ateliers sur site associant, élus, responsables variés et population ont facilité l’échange à propos de la qualité paysagère des espaces naturels et agricoles. La démarche, faisant partie des tous premiers plans de paysage, a fait naitre une politique de reconquête d’espaces agricoles abandonnés grâce à la mise en place d’associations foncières pastorales. Depuis lors, au-delà d’une vocation rendue aux espaces et d’une limite à l’étalement urbain, c’est un équilibre et un sentiment de bien-être partagé par les habitants que la démarche a laissé dans les paysages quotidiens.

Le plan de paysage pourra aussi traiter plus particulièrement de transition énergétique. Transition qui participera alors à mieux construire et gérer le paysage, par son entretien et la requalification de lieux banalisés. Dans les Monts du Lyonnais par exemple, les acteurs ont étudié, en 2015-2016, l’implantation d’éoliennes dans une vallée encaissée, porte d’entrée touristique dans le territoire, particulièrement marquée par des infrastructures lourdes ; événement dans une vallée en quête d’identité.

L’édition 2021

Ainsi l’édition 2021 de l’appel à projets « plan de paysage » comporte un volet généraliste et un volet thématique consacré aux stratégies territoriales de transition énergétique.

En savoir plus : https://objectif-paysages.developpement-durable.gouv.fr/le-ministere-de-la-transition-ecologique-lance-ledition-2021-de-lappel-projet-plans-de-paysage-686

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Crédit photo Parcours paysages

Parcours paysages

RENDRE VISIBLE L’INVISIBLE : la ligne de partage des eaux dans les monts d’Ardèche

LE PARTAGE DES EAUX

Nous connaissons tous l’histoire de la goutte de pluie qui rejoint la mer. Le conte de ce fabuleux voyage nous plonge alors au cœur des paysages et du fonctionnement hydrologique et hydrogéologique d’un bassin versant. Encore appelé bassin hydrographique, ce dernier est une portion de territoire irriguée par un même réseau hydrographique (une rivière, avec tous ses affluents qui alimentent ce territoire). L’eau qui s’y dépose suit une pente naturelle et se concentre vers un même exutoire. Selon qu’elle tombe sur l’un ou l’autre versant des plus hauts reliefs, elle alimente alors un bassin différent.

Cette ligne de crête encore appelée ligne de partage des eaux est en soi une ligne du paysage visible empreinte d’un certain mystère ; celui du choix de la goutte d’eau, atterrie sur cette limite « invisible », de couler vers l’un ou l’autre bassin.

LE PHARE – Œuvre de Gloria Friedmann, Moure de l’Abéouradou (le Bez, Borne), 2017 / DE L’AUTRE COTE – Œuvre de Stéphane Thidet à la Chartreuse de Bonnefoy (Le Béage), 2017 / LA TOUR A EAU – Œuvre de Gilles Clément à la Chaumasse (Sagnes et Goudoulet), 2017 / UN CERCLE ET MILLE FRAGMENTS – Œuvre de Felice Varini à l’Abbaye de Mazan (Mazan l’Abbaye), 2017

Un parcours artistique dans les Monts d’Ardèche

A travers 100 km de parcours artistique à ciel ouvert, le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche et un ensemble de partenaires, dont les Conseil généraux d’Ardèche et de Haute-Loire et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, soulignent la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l’Atlantique.

Des dispositifs paysagers et des œuvres artistiques matérialisent la ligne de partage des eaux, rendent « visible l’invisible » et attire le regard du visiteur sur les paysages et le cycle de l’eau.

En créant cette tour refuge qui représente à la fois l’art du trait et l’art du retrait, je veux rendre hommage à la nature pour observer la ligne d’horizon, cet espace vibrant. J’aimerais que cet espace bleu devienne une sorte de machine à ralentir le temps, j’aimerais que ses visiteurs y « perdent » leur temps. Gloria Friedmann

Le parcours se découvre le long du chemin de grande randonnée GR7 à pied, en vélo et à cheval, mais aussi en voiture accompagné par le GPS artistique du collectif Toplamak.

Des sites accueillent depuis 2017 des œuvres, des mires, du mobilier, créés par des artistes contemporains de renommée internationale. Des lieux alentours proposent des échappées.

En savoir plus : https://www.lepartagedeseaux.fr/

Crédit photo Parcours paysages

Parcours paysages

LES RAMIERES DE LA DRÔME, les dessous du paysage

À l’état naturel, la rivière Drôme est un cours d’eau typique des piémonts subméditerranéens. Son endiguement et des interventions humaines ont exercé de fortes contraintes sur son cours depuis près de deux siècles. Toutefois, ce cours d’eau en tresses, d’une longueur assez rare (108 km) pour les Alpes occidentales, n’est perturbé par aucun grand barrage et certains secteurs présentent une valeur écologique exceptionnelle. La Réserve Naturelle Nationale des Ramières du Val de Drôme protège – sur 346 ha sur 10 km en aval de Crest, sur les communes d’Allex, Chabrillan, Eurre, Grâne et Livron-sur-Drôme – la forêt alluviale, des prairies alluviales, et des milieux aquatiques et habitats pionniers tels que par exemple les bancs de sable et de galets régulièrement remaniés par les crues de la Drôme ; rivière sauvage comme peu d’autres en Europe.

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Crédit photo Parcours paysages

Le terme Ramières désigne localement des boisements riverains des cours d’eau (ramus : branche). Selon son débit et le niveau de sa nappe d’accompagnement, les sols du lit majeur de la Drôme sont plus ou moins humides, inondés, enrichis par les limons et favorables à une végétation arborée typique des zones alluviales. Ces variations favorisent le dessin de paysages variés, structurent le relief et déterminent les espèces végétales qui y croissent. Le paysage se dessine alors par le dessous.

Les « Freydières », sources alimentées par la nappe d’accompagnement de la Drôme et, par extension les bras secondaires de la rivière, sont protégés elles aussi sur 57 ha à l’aval de la réserve par une réglementation particulière (arrêté préfectoral de biotope ). C’est dans cette nappe que les communes et agriculteurs captent l’eau potable et d’irrigation des cultures. Cette ressource précieuse est intimement dépendante de la quantité et la qualité de l’eau retenue par les sols et la Drôme. Elle est gérée dans la concertation, par le syndicat de rivière Drôme, pour préserver ressource et usages.

La Gare des Ramières, Maison de la réserve naturelle nationale, est un espace privilégié pour s’initier à l’environnement et découvrir les espèces et milieux naturels de la réserve. La maison était l’Hôtel-Restaurant de la Gare d’Allex, gare qui a été détruite après la guerre. C’est aujourd’hui le centre de gestion de la réserve et un lieu d’accueil du public, ouvert tous les jours de 14h à 18h30 en saison estivale.

Pour aller visiter… : https://lagaredesramieres.com/fr/

Parcours paysages

CULTIVER LE PAYSAGE DE 2100, un atelier pour la formation du CFPPA de Die

« J’ai apprécié de commencer la journée par ressentir le paysage. Dans notre formation très technique, il est rare d’utiliser nos sens… ».

Après avoir localisé la Montagne d’Angèle, la Servelle, l’Echarène ou la ferme du Villard, les participants à la formation Agri-tourisme du CFPPA de Die ont saisi par les mots ou le dessin les premiers déterminants du paysage. Bordée de boisements la combe de Brette protège dans son écrin les hameaux et les prairies. Là les cultures de noyers, là-bas les champs de céréales et des coquelicots… L’odeur des genêts montent des espaces en déprise. La Brette au fond du ravin, …

Hervé Reynaud, maire et membre du GAEC de la ferme du Villard, raconte aujourd’hui et hier… L’accueil des campeurs et leur participation à la traite des chèvres et des brebis, l’époque où le troupeau montait chaque jour à l’alpage sur la Servelle et où l’on rapportait lavande et bois de chauffage en chemin. Les parcelles étaient alors bien plus petites et la forêt occupaient moins de place. Les forêts plantées pour atténuer l’érosion ont favorisé le développement d’autres boisements… Ils préservent l’humidité si importante dorénavant en ces années de sécheresse répétées. Les sources naissantes en limite des éboulis calcaires et des marnes reflètent elles aussi cette évolution climatique…

Comprendre hier et aujourd’hui a permis aux apprenants d’imaginer Brette à un horizon très lointain ; de dessiner un nouveau paysage, tenant compte de l’évolution démographique et climatique, mais aussi de leurs propres aspirations. Ils ont imaginé comment organiser l’espace et intervenir sur la parcelle pour optimiser les ressources et favoriser les services rendus par la nature : apport de fraîcheur et d’humus, rétention des eaux et des sols… Le lendemain, ils ont visité une autre activité agri-touristique puis mercredi, puis jeudi… pour à l’issue de cette courte formation affiner leur propre projet ; l’inscrire dans le paysage qu’ils désirent habiter…

Et l’un d’entre eux de conclure « Il y a quelques années, on parlait des paysans comme « artisans du paysage », je comprends. Nous avons véritablement un rôle à jouer dans sa composition ». Cette belle journée d’échange qui a eu lieu fin mai était le premier atelier de Parcours paysages. Un véritable encouragement à poursuivre.

Un grand merci à Caroline et Dominique pour leur confiance.

Pour en savoir plus sur les formations du CFFPA de Die : cliquer ici

Crédit photo Parcours paysages et Caroline Breton

Parcours paysages